Un moteur à entraînement harmonique constitue un excellent choix pour les équipements d’automatisation qui exigent une structure compacte, une densité de couple élevée, un jeu réduit et un positionnement précis. Cependant, il est essentiel de choisir la bonne taille. Les ingénieurs ne doivent pas choisir un moteur à entraînement harmonique en se basant uniquement sur le couple nominal ou la taille du châssis.
Un processus complet de dimensionnement doit prendre en compte le couple de sortie, le couple de pointe, la vitesse, le rapport de réduction, l’inertie, le cycle de service, la charge sur les roulements de sortie, la précision, l’espace de montage et les performances thermiques.
Pourquoi le choix de la taille est-il important ?
Dans les équipements d’automatisation, le moteur à entraînement harmonique fonctionne souvent dans des conditions caractérisées par des démarrages et des arrêts fréquents, des temps d’accélération courts, des positionnements répétés et des variations de charge continues. Si la taille choisie ne permet pas de supporter le couple de pointe pendant l’accélération et la décélération, le réducteur risque de s’user ou de voir sa durée de vie réduite. Le catalogue des moteurs à entraînement harmonique indique que, pendant l’accélération et la décélération, l’engrenage subit un couple de pointe dû au moment d’inertie de la charge en sortie.
Un dimensionnement correct permet de garantir :
- Un couple de sortie stable
- Un positionnement précis
- De faibles vibrations
- Une longue durée de vie du réducteur
- Un fonctionnement sûr lors des arrêts d’urgence
- Meilleur contrôle thermique
- Fiabilité accrue des équipements

Guide des tailles courantes des moteurs Harmonic Drive
| Taille du moteur à entraînement harmonique | Plage de puissance typique des moteurs | Niveau de couple typique | Type de charge recommandé |
| Tailles 8 / 11 | 10 W – 50 W | Couple très faible | Charge ultra-légère |
| Taille 14 | 30 W–100 W | Couple faible | Charge légère |
| Taille 17 | 50 W – 200 W | Couple faible à moyen | Charge légère à moyenne |
| Taille 20 | 100 W – 400 W | Couple moyen | Charge moyenne |
| Taille 25 | 200 W – 750 W | Couple moyen à élevé | Charge moyenne |
| Taille 32 | 400 W – 1,5 kW | Couple élevé | Charge moyenne à lourde |
| Taille 40 / 45 | 750 W – 2,5 kW | Couple élevé | Charge lourde |
| Taille 50 | 1,5 kW – 3 kW | Couple très élevé | Charge très élevée |
| Taille 65 | 2 kW – 5 kW | Couple très élevé | Charge très élevée / couple élevé |
| Taille 80+ | 5 kW et plus | Couple très élevé | Charge particulièrement élevée |
Principaux facteurs de dimensionnement des moteurs à entraînement harmonique
Couple de sortie requis
Le premier facteur de dimensionnement est le couple de sortie. Vous devez calculer le couple dont le mécanisme d’automatisation a besoin au niveau de l’arbre de sortie.
Les sources de charge courantes comprennent :
- Le poids du bras rotatif ou du dispositif de fixation
- Le poids de la pièce à usiner
- Couple de frottement
- Force de coupe, de pression, de serrage ou de manutention
- La charge due à la gravité dans les applications à axe vertical
- Couple d’accélération
Une formule de départ simple est la suivante :
Couple de sortie requis = couple de charge + couple d’accélération + couple de frottement
Après avoir calculé cette valeur, ajoutez une marge de sécurité. Pour l’automatisation à faible charge, un facteur de sécurité plus faible peut être acceptable. Pour les machines à cycles élevés, les axes verticaux, les charges d’impact ou les lignes de production fonctionnant 24 h/24 et 7 j/7, une marge de sécurité plus importante est recommandée.
Couple continu et couple de pointe
Ne dimensionnez pas le moteur uniquement en fonction du couple de pointe. Vous devez vérifier à la fois le couple continu et le couple de pointe.
| Type de couple | Signification | Pourquoi est-ce important ? |
| Couple continu | Couple requis en fonctionnement normal | Influence la chaleur, la durée de vie et la stabilité de fonctionnement |
| Couple de pointe | Couple de courte durée lors de l’accélération, de la décélération ou d’un choc | Influence la capacité de surcharge et la sécurité du réducteur |
| Couple de maintien | Couple nécessaire pour maintenir la position | Important pour les axes verticaux et les freins |
| Couple d’urgence | Couple généré lors d’un arrêt brusque ou d’une collision | Important pour la conception en matière de sécurité |
Par exemple, un bras de manutention « pick-and-place » peut nécessiter un couple continu modéré, mais un couple de pointe élevé lorsqu’il démarre et s’arrête rapidement. Si vous ne calculez que le couple moyen, le moteur à entraînement harmonique sélectionné risque d’être sous-dimensionné.
Vitesse de sortie
Calculez ensuite la vitesse de sortie requise. Dans les équipements d’automatisation, la vitesse de sortie est généralement définie par le temps de cycle.
Par exemple :
- Un plateau rotatif peut devoir effectuer une rotation de 90 degrés en 0,5 seconde.
- Une articulation de robot peut devoir passer d’un angle à un autre dans un temps de cycle fixe.
- L’axe d’une caméra d’inspection peut nécessiter un mouvement fluide à basse vitesse.
La relation est la suivante :
Vitesse du moteur = vitesse de sortie × rapport de réduction
Si la vitesse de sortie requise est de 60 tr/min et que le rapport de réduction est de 100:1, la vitesse du moteur est d’environ 6 000 tr/min, sans tenir compte des limites du système. Vous devez vérifier si le moteur et le réducteur peuvent supporter cette vitesse d’entrée en toute sécurité. Le rendement varie en fonction du rapport, de la vitesse, de la charge, de la température et de la lubrification.
Rapport de réduction
Le rapport de réduction relie la vitesse du moteur à la vitesse de sortie. Il influe également sur le couple de sortie, la résolution de positionnement, l’adaptation de l’inertie et la réponse du système.
| Plage de rapports | Utilisation type | Avantages | Limites éventuelles |
| 30:1–50:1 | Axes d’automatisation à grande vitesse | Vitesse de sortie plus élevée | Multiplication du couple plus faible |
| 80:1–100:1 | Automatisation de précision générale | Équilibre entre vitesse et couple | Choix courant pour de nombreux systèmes |
| 120:1–160:1 | Positionnement à couple élevé et à faible vitesse | Couple et résolution plus élevés | Vitesse de sortie plus faible |
| 200:1+ | Équipements spéciaux de précision à faible vitesse | Rapport de réduction très élevé | Peut réduire le rendement ou la réactivité |
Si le rapport est trop élevé, la vitesse de sortie risque d’être trop faible et le système peut sembler moins réactif. Un rapport faible peut obliger le moteur à fournir un couple plus élevé.
Inertie de la charge
L’inertie est souvent négligée, mais elle est cruciale pour les équipements d’automatisation. Une charge rotative importante peut générer un couple élevé lors de l’accélération et de la décélération.
Le principe de base est le suivant :
Couple d’accélération = inertie de la charge × accélération angulaire
Pour les axes rotatifs, les tables de grand diamètre, les longs bras de robot et les dispositifs de fixation lourds, l’inertie peut être le facteur déterminant dans le dimensionnement. Même si la charge statique semble faible, le moteur peut avoir besoin d’un couple élevé pour accélérer rapidement la charge.
Un réducteur à entraînement harmonique réduit la charge d’inertie renvoyée vers le moteur. Cependant, le réducteur lui-même présente également une inertie et des limites de couple ; il est donc nécessaire de vérifier conjointement le moteur et le réducteur.
Charges radiales, axiales et de moment
De nombreux moteurs à entraînement harmonique sont directement reliés à une table rotative, un bras, une poulie ou un dispositif de fixation. Dans ces cas, le roulement de sortie doit supporter non seulement le couple, mais également les charges externes.
Vérifiez ces trois types de charges :
| Type de charge | Direction | Exemple |
| Charge radiale | Charge latérale sur l’arbre | Tension de courroie, bras monté latéralement |
| Charge axiale | Poussée ou traction le long de l’arbre | Pression ou serrage vertical |
| Charge de moment | Charge de basculement | Bras de robot décalé ou dispositif en porte-à-faux |
Certains réducteurs à entraînement harmonique utilisent des roulements de sortie à rouleaux croisés pour supporter des charges radiales, axiales et de moment dans une structure compacte. Si votre axe d’automatisation est soumis à une charge en porte-à-faux, la capacité de charge de moment peut s’avérer plus importante que la capacité de couple.

Choix de la taille en fonction de l’application
Les différents équipements d’automatisation nécessitent des priorités de dimensionnement différentes.
| Application | Priorité principale de dimensionnement | Point à privilégier |
| Articulation du robot | Couple, inertie, encombrement réduit | Vérifier le couple maximal et la charge de moment |
| Table d’indexage rotative | Précision de positionnement, inertie de charge | Vérifier le couple d’accélération et la charge sur les roulements |
| Équipements pour semi-conducteurs | Fluidité du mouvement, répétabilité | Vérifier le faible jeu et les vibrations |
| Automatisation médicale | Conception compacte, fonctionnement silencieux | Vérifier le niveau sonore, la fluidité et la marge de sécurité |
| Machine d’emballage | Vitesse de cycle, durabilité | Vérification du couple continu et du cycle de service |
| Articulation d’un AGV ou d’un robot de service | Poids et consommation électrique | Choisir un moteur compact avec un rapport de réduction efficace |
| Équipement d’inspection | Positionnement stable | Vérifier la répétabilité et la résolution du codeur |
Étapes pratiques de dimensionnement
Étape 1 : Définir les exigences de mouvement
Avant de choisir une taille, définissez le profil de mouvement :
- Angle de rotation requis
- Durée du déplacement
- Temps d’accélération
- Temps de décélération
- Temps d’arrêt
- Fréquence de cycle
- Heures de fonctionnement par jour
Sans ces informations, le dimensionnement n’est qu’une estimation.
Étape 2 : Calculer le couple de charge
Déterminez le couple requis en fonction des conditions de déplacement de la charge. Pour les axes verticaux, tenez compte du couple de gravité. Pour les axes rotatifs horizontaux, tenez compte de l’inertie et du frottement. Pour les axes de pressage ou de serrage, tenez compte de la force de processus.
Étape 3 : Calculer le couple de crête
Le couple de pointe apparaît lors de l’accélération, de la décélération, d’un arrêt brusque ou d’un choc. Cette valeur doit être inférieure au couple de pointe répété admissible du réducteur et au couple de pointe du moteur.
Étape 4 : Choisir le rapport de réduction
Sélectionnez un rapport permettant au moteur de fonctionner dans une plage de vitesse appropriée tout en fournissant un couple de sortie suffisant.
Un bon rapport doit :
- Maintenir la vitesse du moteur dans la plage nominale
- Fournir un couple de sortie suffisant
- Améliorer la résolution de positionnement
- Réduire l’inertie réfléchie
- Éviter toute perte de vitesse inutile
Étape 5 : Vérifier le fonctionnement en continu
Même si le moteur est capable de supporter le couple de pointe, il peut surchauffer si le couple continu est trop élevé. Pour les équipements d’automatisation à usage intensif, le couple continu est souvent le facteur décisif.
Étape 6 : Vérifier l’interface mécanique
Vérifiez les cotes d’installation :
- Taille de la bride du moteur
- Dimensions de l’arbre de sortie ou de l’arbre creux
- Disposition des boulons
- Longueur hors tout
- Sens du câble
- Espace pour codeur
- Espace pour le frein
- Orientation de montage
Un moteur techniquement adapté reste inutilisable s’il ne peut pas être installé à l’intérieur de la machine.
Erreurs courantes concernant la taille des moteurs Harmonic Drive
Erreur n° 1 : choisir uniquement en fonction du couple nominal
Le couple nominal est important, mais il ne suffit pas. Vous devez également vérifier le couple de pointe, la vitesse, l’inertie, la charge sur les roulements, le cycle de service et les conditions thermiques.
Erreur n° 2 : ne pas tenir compte du temps d’accélération
Un temps d’accélération plus court implique un couple d’accélération plus élevé. Un moteur qui fonctionne bien à faible vitesse peut présenter des défaillances dans un cycle de production à grande vitesse.
Erreur n° 3 : utiliser un coefficient de sécurité trop élevé
Le surdimensionnement peut sembler sûr, mais il peut augmenter le coût, le poids et l’inertie. Dans les équipements d’automatisation compacts, un moteur surdimensionné peut réduire le rendement de la machine.
Erreur n° 4 : négliger la charge sur le palier de sortie
Pour les bras en porte-à-faux et les tables rotatives, la capacité de charge du palier de sortie peut constituer le facteur limitant. Le réducteur peut disposer d’un couple suffisant, mais d’une capacité de charge en moment insuffisante.
Erreur n° 5 : négliger la chaleur et le cycle de service
Un moteur utilisé pour des essais de courte durée peut fonctionner correctement, mais dans le cadre d’une production 24 heures sur 24, la chaleur peut devenir un problème sérieux. Vérifiez toujours le cycle de service réel.
Liste de contrôle rapide pour le dimensionnement des moteurs Harmonic Drive
Avant de faire votre choix définitif, vérifiez les points suivants :
- Couple de sortie requis
- Vitesse de sortie requise
- Couple de pointe pendant l’accélération
- Inertie de la charge
- Rapport de réduction
- Cycle de fonctionnement continu
- Charge radiale
- Charge axiale
- Charge de moment
- Précision de positionnement
- Répétabilité
- Tension du moteur et compatibilité du variateur
- Résolution du codeur
- Exigences en matière de freinage
- Encombrement
- Orientation des câbles et des connecteurs
- Température de fonctionnement
- Durée de vie prévue
Exemple de logique de dimensionnement
Supposons qu’un axe rotatif d’automatisation nécessite un jeu réduit, un encombrement compact et un positionnement précis. La table effectue une rotation de 180 degrés en une seconde et supporte une charge moyenne.
Un bon processus de dimensionnement serait le suivant :
- Calculer la vitesse de sortie requise à partir de la durée du mouvement.
- Estimer l’inertie de la charge à partir de la table et de la pièce à usiner.
- Calculer le couple d’accélération.
- Ajouter le couple de frottement et le couple de processus.
- Choisir un rapport de réduction permettant de maintenir une vitesse de moteur appropriée.
- Vérifiez si le moteur à entraînement harmonique peut supporter le couple continu et le couple de pointe.
- Vérifier la charge sur le roulement de sortie, en particulier si la pièce à usiner est décalée par rapport au centre de rotation.
- Prévoir une marge de sécurité appropriée.
- Vérifiez les cotes de montage et la compatibilité avec le variateur.
Cette méthode est bien plus sûre que de choisir un moteur uniquement en fonction de la taille du châssis ou du couple nominal.
Comment choisir la bonne taille de moteur à entraînement harmonique
| Taille du moteur | Convient pour | Avantage typique | Avertissement concernant la sélection |
| Petit moteur à entraînement harmonique | Petites pinces, têtes d’inspection, articulations de robots compacts | Léger et peu encombrant | Couple et capacité de charge limités |
| Moteur à entraînement harmonique de taille moyenne | Tables rotatives, axes d’emballage, articulations de robots collaboratifs | Couple et dimensions équilibrés | Nécessité de surveiller l’échauffement en cas d’utilisation intensive |
| Moteur à entraînement harmonique de grande taille | Articulations de robots lourds, grandes tables d’indexation, systèmes de positionnement industriels | Couple et rigidité élevés | Coût, poids et inertie plus élevés |
Pour la plupart des équipements d’automatisation, le meilleur choix n’est pas le plus petit moteur capable de déplacer la charge. Le meilleur choix est le plus petit moteur capable de gérer en toute sécurité le couple continu, le couple de pointe, la vitesse, l’inertie, la charge sur les roulements et le cycle de service, avec une marge de sécurité raisonnable.